Le rapport de la CIIVISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants) n’a pas seulement été un document administratif. Il a été une déflagration. Pour la première fois, la société française a été forcée de regarder en face une réalité qu’elle a longtemps préféré ignorer ou minimiser : l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs au sein même de nos familles.
Chez Au-delà du Silence, notre engagement associatif s’ancre directement dans ce constat d’urgence. Voici ce qu’il faut retenir de ce rapport historique et pourquoi notre combat est essentiel.

Les chiffres du vertige : un fléau inouïe
Pendant des décennies, l’inceste a été traité comme un fait divers, une anomalie rare commise par des prédateurs isolés. La CIIVISE a balayé cette idée reçue en démontrant que l’inceste est un fait social systémique.
Les données sont implacables :
- 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
- Cela représente un enfant toutes les 3 minutes.
- Dans 80% des cas, l’agresseur est un membre de la famille ou un proche de confiance.
Derrière ces statistiques , il y a des vies brisées, des enfances volées. Ces un traumatisme qui perdure souvent toute la vie, sans prise en charge adaptée.
Le “Climat Incestuel” : le piège du silence
Au-delà des agressions physiques, le rapport met en lumière un concept clé : le “climat incestuel”.
C’est une ambiance toxique où la confusion des rôles règne au sein du foyer. L’intimité de l’enfant n’y est pas respectée, la pudeur est bafouée et la parole est confisquée et étouffée. Ce climat prépare souvent le terrain au passage à l’acte et enferme l’enfant dans un conflit de loyauté destructeur. C’est ce silence, imposé par l’agresseur et souvent maintenu par l’entourage,. Une omerta qui constitue la première barrière à la protection.
Moins de 1% des agresseurs sont condamnés.
Ce taux d’impunité envoie un message dévastateur aux victimes : “On ne vous croit pas” ou “Ce n’est pas assez grave”. Le système judiciaire, souvent mal formé aux mécanismes psychotraumatiques de l’enfant (amnésie traumatique, sidération, dissociation), peine encore à protéger efficacement les plus vulnérables.
Au-delà du Silence : Recréer du lien là où tout a été brisé
C’est face à cette “faillite” de la protection institutionnelle que la société civile doit prendre le relais. L’association Au-delà du Silence a été créée pour offrir une alternative immédiate : un espace sécurisé où la parole peut enfin se libérer.
Notre mission repose sur des principes simples mais vitaux, qui manquent cruellement dans le parcours des victimes :
- Croire la parole : Offrir une écoute inconditionnelle et bienveillante. Pour une victime, être crue est la première étape de la guérison.
- Briser l’isolement : L’agresseur isole sa proie. Nous reconnectons les survivants entre eux pour transformer la honte en force collective.
- Accompagner vers la résilience : Parce qu’une vie ne se résume pas au statut de victime, nous œuvrons pour aider chacun à se reconstruire, socialement et psychologiquement, après le traumatisme.
Il est temps d’agir
Les 160 000 enfants de cette année ne peuvent pas attendre. Les adultes victimes, qui portent ce fardeau depuis des années, ne doivent plus se cacher.
Le rapport CIIVISE a ouvert les yeux de la France. Il nous appartient maintenant, ensemble, de ne plus les refermer.
