Se reconstruire après l’inceste

1. Les Problèmes de Santé (Conséquences)

Les conséquences de l’inceste sont souvent regroupées sous le terme de TSPT-C (Trouble de Stress Post-Traumatique Complexe). Contrairement à un accident de voiture (trauma unique), l’inceste est souvent répété et commis par une figure d’attachement, ce qui crée des dégâts profonds.

A. Santé Psychique et Neurologique

  • L’Amnésie Traumatique : Le cerveau “disjoncte” pour survivre. La victime peut oublier les faits pendant des années (mécanisme de sauvegarde).
  • La Dissociation : Se sentir déconnecté de son corps, avoir l’impression d’être spectateur de sa vie, ou “partir ailleurs” lors d’un stress.
  • Dépression et Anxiété Chronique : Un état d’alerte permanent ou un épuisement vital.
  • Risque Suicidaire : Idées noires récurrentes, tentatives de suicide (souvent incomprises par l’entourage).

B. Santé Physique (Le corps parle)

On dit souvent que “le corps n’oublie rien”. Les victimes consultent souvent des médecins pour des douleurs inexpliquées :

  • Troubles gynécologiques/urologiques : Vaginisme, douleurs pelviennes chroniques, endométriose (lien à l’étude), infections urinaires à répétition.
  • Troubles digestifs : Syndrome du côlon irritable, maux de ventre chroniques (le “deuxième cerveau”).
  • Maladies auto-immunes et inflammatoires : Le stress chronique affaiblit le système immunitaire (fibromyalgie, douleurs articulaires).
  • Troubles du sommeil : Insomnies, cauchemars, terreurs nocturnes.

C. Troubles du Comportement (Mécanismes de survie)

  • Addictions : Alcool, drogues, médicaments (pour “anesthésier” la souffrance).
  • TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) : Anorexie (faire disparaître le corps sexué), Boulimie/Hyperphagie (remplir le vide ou se créer une carapace de graisse).
  • Conduites à risques : Mise en danger, scarifications.

2. Les Thérapies Adaptées (Pistes de soin)

Il n’y a pas de “pilule magique”, mais une combinaison de thérapies. Pour l’inceste, les thérapies classiques (juste parler) ne suffisent souvent pas ; il faut des thérapies qui traitent le trauma encodé dans le cerveau et le corps.

A. Les Thérapies Neuro-Émotionnelles (Pour traiter le souvenir)

Elles visent à “digérer” le traumatisme bloqué dans le cerveau.

  • EMDR (Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires) : La référence mondiale pour le stress post-traumatique. Elle permet de “ranger” les souvenirs traumatiques dans la mémoire passée pour qu’ils ne fassent plus mal au présent.
  • ICV (Intégration du Cycle de la Vie) : Très recommandée pour l’inceste. Elle permet de “réparer” la ligne du temps et de consolider le sentiment de soi, en connectant l’enfant intérieur à l’adulte d’aujourd’hui.
  • Brainspotting : Une méthode dérivée de l’EMDR qui utilise la position du regard pour accéder aux zones profondes du cerveau émotionnel.

B. Les Thérapies Corporelles (Pour se réapproprier le corps)

Puisque le corps a été le lieu du crime, il doit être le lieu de la réparation.

  • Somatic Experiencing : Apprendre à écouter les sensations du corps et à décharger l’énergie du trauma bloquée (le figement).
  • Yoga Thérapie (Sensible au trauma) : Pour se réapproprier ses limites corporelles et son ancrage.
  • Boxe : Pour sortir de la position de victime et retrouver sa capacité à se défendre/agir.

C. Les Thérapies Verbales et de Soutien

  • TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) : Utiles pour gérer les symptômes au quotidien (attaques de panique, phobies, TOC).
  • Thérapie de Groupe (Comme vos groupes de parole) : Essentielle pour briser la honte et l’isolement. “Je ne suis pas seul(e), je ne suis pas fou/folle”.

“Chaque parcours est unique. Ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionne pas forcément pour l’autre. Il est essentiel de s’adresser à des professionnels formés spécifiquement au psychotraumatisme et aux violences sexuelles. Un thérapeute non formé peut, involontairement, faire plus de mal que de bien.”

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