L’inceste et les violences intra-familiales ne choisissent pas leur milieu social. Ils frappent partout, dans les familles aisées comme dans les foyers modestes.
Cependant, si le traumatisme est le même pour toutes les victimes, les moyens d’y survire et d’en guérir sont tragiquement inégaux.
Chez Au-delà du Silence, nous constatons quotidiennement une réalité brutale : la précarité économique agit comme un “verrou” supplémentaire qui enferme les victimes dans la violence, puis dans le traumatisme. C’est ce que nous appelons la “double peine”.
Voici pourquoi le manque d’argent est le meilleur allié des agresseurs.
1. L’emprise financière : La prison invisible
Pour beaucoup de victimes, qu’elles soient mineures ou adultes sous emprise, la dépendance économique est le premier frein à la fuite.
Comment partir quand on n’a pas de compte bancaire personnel ? Comment quitter un conjoint violent ou un foyer parental toxique quand on ne peut pas payer une caution de loyer ?
L’agresseur le sait. Souvent, il organise cette dépendance financière pour s’assurer que sa victime ne puisse pas s’échapper. L’absence de ressources condamne à l’immobilité et au silence. On ne reste pas par amour, on reste pour avoir un toit.
2. Le coût prohibitif de la reconstruction
C’est le deuxième volet de la double peine. Une fois sortie du danger immédiat, la survivante doit entamer le long chemin de la réparation.
Mais se reconstruire a un prix, souvent exorbitant :
Les soins psychologiques : Les psychologues libéraux spécialisés en psychotraumatologie ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale (ou très mal via les dispositifs actuels). À 60€ ou 80€ la séance hebdomadaire, c’est un luxe impossible pour une personne au RSA ou au SMIC.
Les frais juridiques : Même avec l’aide juridictionnelle, une procédure pénale engendre des frais annexes (déplacements, expertises) difficiles à assumer.
Le coût du relogement : Retrouver un lieu de vie sécurisé demande une trésorerie immédiate.
Face à ce mur financier, des milliers de victimes renoncent à se soigner. Elles survivent avec leurs symptômes, faute de moyens pour guérir.
3. Le cercle vicieux : Quand le traumatisme crée la pauvreté
Le lien entre précarité et violence fonctionne aussi dans l’autre sens. Les séquelles graves de l’inceste (amnésie traumatique, dépression, troubles dissociatifs, addictions) ont un impact dévastateur sur la vie sociale et professionnelle :
Échecs scolaires ou déscolarisation précoce.
Difficulté à maintenir un emploi stable (arrêts maladie répétés, licenciements).
Isolement social.
Le traumatisme lui-même génère donc de la précarité, qui à son tour empêche de soigner le traumatisme.
Notre réponse : L’accès inconditionnel
C’est pour briser ce cercle infernal qu’Au-delà du Silence a fait un choix fondateur : la gratuité.
Nous croyons fermement que la taille du portefeuille ne devrait jamais déterminer le droit à la guérison. Nos groupes de parole (à Mazamet, Clermont-Ferrand ou en ligne) et nos ressources d’accompagnement sont accessibles à toutes et tous, sans condition de ressources.
Soutenir notre association, c’est permettre à ceux qui ont le moins de recevoir le meilleur accompagnement possible.