Les survivants d’inceste sont particulièrement vulnérables aux addictions, qu’il s’agisse de substances psychoactives ou de comportements compulsifs. Ces addictions sont souvent des stratégies de régulation émotionnelle face au trauma, mais elles peuvent créer des effets graves sur le corps, l’esprit et la vie quotidienne.

1. Conséquences physiques
Les addictions et certains comportements compulsifs entraînent des atteintes corporelles importantes :
Substances psychoactives :
- Alcool : cirrhose, troubles cardiaques, neuropathies, accidents.
- Drogues illicites : dépendance, surdoses, infections (IV), maladies cardiovasculaires.
- Médicaments psychotropes : somnolence chronique, troubles cognitifs, dépendance physique.
- Tabac / nicotine : cancer, maladies respiratoires, troubles cardiovasculaires.
- Caféine / boissons énergisantes : troubles du rythme cardiaque, insomnie, anxiété accrue.
Addictions liées au corps et à l’alimentation :
- Troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie) : carences nutritionnelles, troubles digestifs, déséquilibre électrolytique, problèmes dentaires.
- Excès d’exercice : blessures, fatigue chronique, troubles musculosquelettiques.
- Scarifications / auto-mutilation : cicatrices permanentes, infections, douleurs chroniques.
Atteintes à l’hygiène et à l’intégrité physique :
Chez de nombreux survivants, le trauma entraîne des blocages liés au corps et aux soins de base :
- Difficulté ou impossibilité à se laver, se doucher, se brosser les dents ou prendre soin de son corps pendant de longues périodes.
- Blocage face au contact corporel, vécu comme envahi, sale ou dangereux.
- Abandon des soins médicaux, malgré la douleur ou la dégradation de la santé.
- Destruction progressive du corps par manque de soins, épuisement, conduites à risque, ou combinaison de plusieurs addictions.
- Dissociation corporelle, où le corps n’est plus ressenti comme digne d’attention ou de protection.
Ces atteintes constituent une forme de violence auto-infligée non intentionnelle, renforçant la souffrance psychique et le cercle de culpabilité.
2. Conséquences psychiques et émotionnelles
Les addictions sont des tentatives maladaptatives pour gérer le trauma, mais elles renforcent souvent ses effets :
- Dépression, anxiété, troubles du sommeil.
- Renforcement de la dissociation et du sentiment de vide intérieur.
- Crises de panique ou hypervigilance accrues.
- Baisse de l’estime de soi et honte renforcée.
- Renforcement du sentiment de contrôle perdu sur sa vie.
3. Conséquences relationnelles et sociales
Les addictions perturbent fortement les interactions sociales et familiales :
- Isolement social ou difficultés à maintenir des relations stables.
- Conflits familiaux ou conjugaux, ruptures.
- Dépendance affective ou répétition de schémas traumatiques dans les relations.
- Risques légaux ou financiers (jeux d’argent, conduite sous substances, dettes).
4. Conséquences sur la vie quotidienne et professionnelle
Les addictions interfèrent avec le fonctionnement pratique et la sécurité :
- Difficultés à travailler ou suivre des études.
- Problèmes financiers liés à l’addiction.
- Perte de motivation ou impossibilité de maintenir une routine.
- Impact sur la sécurité personnelle (accidents, comportements à risque).
Difficultés dans les routines quotidiennes et l’alimentation :
- Préparer ses repas ou s’alimenter régulièrement devient difficile, la faim ou la soif étant parfois ignorées ou bloquées par l’angoisse et le vide intérieur.
- Maintenir une routine quotidienne (lever, coucher, travail, études, hygiène) est souvent impossible, créant un sentiment d’errance et de perte de contrôle.
- Difficultés d’organisation ou de planification, même pour des tâches simples, renforçant la honte et la culpabilité.
- Impact sur la santé physique et mentale : fatigue, malnutrition, aggravation des symptômes anxieux ou dépressifs.
Ces comportements sont des stratégies de survie maladaptatives ou des conséquences de la surcharge traumatique et de l’épuisement émotionnel.
5. Boucle du trauma et de l’addiction
Chez les survivants d’inceste, les addictions peuvent créer une spirale auto-entretenue :
- Trauma → anxiété, dissociation, vide intérieur.
- Usage d’une substance ou comportement addictif → soulagement temporaire.
- Effets secondaires physiques et psychiques → aggravation du stress et de la culpabilité.
- Reprise de l’addiction pour « survivre » → renforcement du cycle.
Les conséquences des addictions ne sont pas seulement médicales ou sociales. Elles entretiennent le trauma, créant un cercle difficile à briser sans accompagnement spécialisé et traumainformé.
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